Les alternatives au Di-Antalvic

Les antalgiques à base de dextropropoxyphène ont été retirés du marché français au début du mois de mars 2011. Ainsi, le Di-Antalvic, le Propofan et leurs génériques ne sont plus en vente, au grand dam des 8 millions de personnes, consommateurs réguliers de ces antalgiques.

Il faut pourtant dire que ce retrait n’est pas une surprise car il est annoncé depuis juin 2009. En effet, des risques de surdosages mortels, volontaires ou accidentels, constatés surtout en Angleterre et en Suède, ont influencé la décision de l’Agence européenne du médicament d’exiger le retrait de ces médicaments sur tous les pays d’Europe au plus tard en septembre 2011. La France a donc procédé au retrait avant la date limite, à cause du contexte de la crise du Médiator et d’une étude qui, récemment publiée aux Etats-Unis, a mis en évidence des troubles cardiaques liés au dextropropoxyphène.

Pour aider les médecins, surtout les généralistes, dans la recherche des produits de remplacement pour ces médicaments désormais interdits, l’Agence française de la sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a émis de nouvelles recommandations de prise en charge de certaines douleurs.

Le principe ? Remplacer les antalgiques à base de dextropropoxyphène (Di-Antalvic et autres Propofan) par des antalgiques à base de tramadol ou de codéine, voire par des antalgiques moins puissants. Les antalgiques sont classés par l’OMS en plusieurs niveaux en fonction de leur puissance :

  • le paracétamol, l’aspirine et l’ibuprofène sont les antalgiques les moins puissants. Ils sont classés dans le niveau 1 et sont accessibles au grand public sans exigence d’ordonnance.
  • les médicaments contenant du dextropropoxyphène, de la codéine et du tramadol sont des antalgiques classés en niveau 2. Et c’est justement pourquoi les médecins sont orientés vers les médicaments à base de tramadol ou de codéine dans le remplacement des Di-Antalvic et Propofan.
  • La morphine et ses dérivés sont les antalgiques considérés comme les plus puissants car classés au niveau 3.

Le Pr Alain Serrie, spécialiste de la douleur (hôpital Lariboisière, Paris), a souligné que l’heure est venue pour les médecins de réévaluer la douleur de leurs patients et de voir si du paracétamol à bonne dose suffit. Mais si un antalgique de niveau 2 s’avère indispensable, le choix entre le tramadol et la codéine doit se faire en fonction de l’historique du patient.

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