La réforme du crédit à la consommation a du mal à entrer dans les mœurs

La pleine application de la loi Lagarde est limitée par plusieurs entraves, alors que le coût du crédit renouvelable diminue. Les emprunteurs ne disposent pas d’assez d’informations sur les possibilités de réserves d’argent et n’arrivent pas à souscrire l’assurance de leur choix pour un crédit immobilier.

Adoptée en juillet 2010, la réforme Lagarde sur le prêt à la consommation n’a été applicable dans son intégralité que depuis le 1er mai dernier. Pour le moment, le bilan est plutôt mitigé : les dispositifs destinés à corriger certaines dérives du crédit ne portent pas encore tous leurs fruits. D’un autre côté, les pratiques en la matière résistent au changement.

Suite à la nouvelle contrainte de l’amortissement minimum des crédits et au recul des taux de l’usure, le coût des réserves d’argent diminue. Cette économie de frais peut avoir pour conséquence non seulement un soulagement pour les emprunteurs, mais également une promotion de ces crédits, les taux plafond du crédit classique étant en hausse.

D’autant qu’un flou et une absence de transparence ont été relevés par les associations de consommateurs sur les crédits alternatifs au prêt renouvelable que les magasins sont obligés de proposer au-delà de 1.000 euros d’achat. Enfin, la mesure reliée à la réforme et portant sur l’ouverture à la concurrence de l’assurance emprunteur dans la souscription d’un crédit immobilier est encore freinée par les banques prêteuses.

Paramétrage du fichier positif

Du côté des parlementaires et des associations spécialisées, ils manifestent leurs craintes au sujet du paramétrage du futur fichier positif qui a pour but de réduire le surendettement. Selon eux, il y a de fortes chances que ce fichier positif soit rendu inutilisable par les premières conclusions du comité de préfiguration.

Les associations de consommateurs soulignent également que leurs services enregistrent actuellement une hausse des demandes de suspension de paiement des crédits. Sur Europe 1, le président de l’Afub a révélé que les demandes d’aide enregistrées sont aux alentours d’une quarantaine par jour, contre une quinzaine en 2010. C’est vrai, cette dégradation n’a pas été la même que celle de la crise de 2008 (autour de 80), mais la CLCV la confirme aussi. Il s’avère qu’une vingtaine de dossiers par semaine est enregistrée à Grenoble.

Le nombre de dossiers déposés en commission de surendettement a connu une hausse de 12% de janvier à mai 2011 par rapport à 2010, soit à plus de 106.400 dossiers, et de 5,5% sur un an (de juin 2010 à mai 2011).

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