Immobilier : le prêt à taux zéro est inefficace à Paris

Lors de la présentation du baromètre Meilleurtaux de l’immobilier francilien, le premier bilan de l’évolution du marché du crédit immobilier dans la région pour cette année 2011 a été dressé par Sandrine Allonier, responsable des études économiques du courtier Meilleurtaux.

Paris a-t-il de l’avantage sur les taux d’intérêt ?

Globalement, les taux d’intérêt immobilier se situent dans la moyenne nationale tant à Paris qu’ailleurs. Selon le classement des taux de crédit dans les dix plus grandes villes de France que le courtier a publié, Paris est classé à la quatrième place, derrière Nantes, Lille et Marseille, mais devant Strasbourg et Bordeaux.

Il faut toutefois noter que, dans le détail, le taux d’intérêt est un peu plus avantageux à Paris que dans d’autres villes concernant les emprunts à 20 ans. Cela serait la conséquence de la forte concurrence qui s’installe entre les banques sur cette durée. Et si les prix de l’immobilier sont plus élevés à Paris, les Franciliens se distinguent également par la hausse du montant moyen de leurs apports et de leurs revenus. Seulement, les emprunteurs demandent rarement du crédit sur une durée de plus de 20 ans.

La demande a régressé au premier semestre 2011

Comme le taux et le prix ont été à la fois en hausse au premier semestre 2011, la demande de crédit immobilier a, assez logiquement, diminué malgré l’envie de devenir propriétaire qui persiste. Meilleurtaux a, en effet, enregistré une baisse de 10% (sur un an au premier semestre) sur le nombre de dossiers qu’il a traité. Selon Sandrine Allonier, c’est plutôt la hausse des prix qui a freiné le marché, et non la hausse des taux d’intérêt qui est assez minime pour désolvabiliser les acquéreurs.

Parallèlement, les emprunteurs se tournent de plus en plus vers la banlieue, avec pour préférence la petite couronne. Seulement 47% des demandes de crédit des Parisiens au premier trimestre ont concerné une acquisition à Paris intra-muros. C’est vrai, même les acquéreurs dans les autres grandes villes tendent de plus en plus à privilégier la périphérie des villes pour pouvoir acheter plus grand et moins cher, mais la proportion est plus grande pour Paris.

A-t-on pu contrer la hausse des taux avec le prêt à taux zéro plus (PTZ+) ?

Selon Sandrine Allonier, le PTZ+ a rencontré un succès en termes de volume : la moitié des dossiers sont accompagnés d’un prêt à taux zéro contre à peine 34% l’année dernière. Le résultat est pourtant moins bon en termes de montant. Ce qui rend difficile la considération du PTZ+ comme étant un dispositif d’aide à l’accession à la propriété. L’effet solvabilisateur de cet outil ne s’applique certainement pas à Paris, mais à peine dans les plus grandes villes de province, là où l’on a constaté une hausse des prix ces derniers mois et une très faible construction neuve.

Concernant ses prévisions pour le second semestre de l’année, Sandrine Allonier pense que, malgré une accalmie en juin, il est fort probable que la hausse des taux va reprendre à la rentrée.

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