Médiator : son mauvais usage encore prouvé par une nouvelle étude

Une nouvelle étude, menée par David Koenig à partir de 2.576 fiches de patients ayant pris du Médiator, a encore pointé le mésusage de ce fameux médicament. D’après cette étude, le Médiator a été prescrit en dehors de son autorisation de mise sur le marché (AMM) dans près de deux cas sur trois. Cet antidiabétique des laboratoires Servier a ainsi été prescrit comme coupe-faim pour des milliers de personnes.

Mise en ligne par l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), cette étude a aussi souligné que plus la durée et la dose du traitement au Médiator augmentent, plus le risque d’avoir une attaque des valves cardiaques s’élève. Et c’est très alarmant car le traitement de certains patients a été inadapté et sur-dosé : prise de comprimés plus que la dose journalière préconisée par l’AMM pour certains, et prise de la posologie pendant plusieurs mois pour d’autres. Ainsi, près de 12% des patients auraient été traités par du Médiator pendant dix ans.

Indemnisation des victimes

Le décret qui a créé un fonds d’indemnisation pour les victimes du Médiator a entré en vigueur depuis le 1erseptembre. Et selon le Ministère de la Santé, les victimes auront à leur disposition un guichet unique, géré par l’ONIAM (Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales. Elles pourront alors, non seulement, réclamer une indemnisation intégrale, mais aussi intenter une action pénale.

Il faut préciser que ce ne sont pas les contribuables qui alimenteront le fonds d’indemnisation. Ce sera à l’ONIAM de le régir. Les demandes des victimes adressées à l’ONIAM seront étudiées pour savoir si elles sont fondées ou non. Et après l’établissement du préjudice, les laboratoires Servier devront indemniser les victimes. En cas de refus de Servier, l’ONIAM saisira la justice qui pourra imposer aux laboratoires une pénalité de 30%.

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