Mutuelle : jusqu’à 100 euros de plus

Dans le cadre du plan anti-déficits du gouvernement, la taxe sur les contrats des complémentaires santé a augmenté depuis le 1er octobre, allant de 3,5% à 7%, rapportant ainsi à l’Etat 100 millions d’euros dès ce 2011 et 1,1 milliard en année pleine.

Guy Herry, président brestois de l’Union Harmonie Mutuelles, estime que cette hausse de la taxe va coûter en moyenne 60 euros de plus par an à une famille composée d’un couple de 30-35 ans et de deux enfants. Et aux cotisations des assurés s’ajouteront également environ la même somme, l’an prochain, si l’on tient compte de la progression des dépenses de santé en France.

Remontées, les mutuelles ont rappelé que la taxation des organismes d’assurance maladie complémentaires a été multipliée par 20, depuis 2008. Ayant co-signé une tribune, en début septembre, dans Le Monde, Etienne Caniard, président de la Fédération nationale de la Mutualité française, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, et Christian Saoût, président du Collectif interassociatif sur la santé, se sont indignés. Selon eux, ce sont les assurés qui vont contribuer à cette taxe, non pas en fonction de leur revenus, mais en fonction de leur besoin de santé. Ce qui va toucher le plus les classes moyennes et populaires.

C’est un choix injuste

Des pétitions citoyennes à l’endroit du ministre des Finances circulent actuellement en France. Parmi elles, une, signée par plus de 15.000 personnes, dénonce que le gouvernement a fait un choix injuste, sachant que la consultation chez le médecin coûte déjà un euro, et la pharmacie 50 euros par boîte.

L’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a étalé l’impact de la hausse de la taxe sur les contrats des complémentaires santé. Le montant des cotisations va augmenter de 10 à 40 euros par personne et par an, selon l’âge de l’assuré et la nature du contrat. Mathieu Escot, chargé de mission santé à l’UFC-Que Choisir a tenu à souligner que 4 à 5 millions de Français sont déjà obligés à renoncer à une complémentaire santé, le plus souvent pour des raisons budgétaires. Mais la mesure pourra aussi provoquer un risque de dérapage : les assureurs pourraient tenter à sélectionner leurs clients suivant leur état de santé, vu qu’ils en ont la possibilité, contrairement aux mutuelles.

Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a de son côté souligné que le reste à charge des Français, qui a légèrement diminué en 2010, reste le plus faible en Europe. Mais cette analyse est très contestée.

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